Etat des lieux de la relance à Rouen

Publié le par Lili

“Il est où, le plan de relance ?”, demandait Mourad la semaine dernière, en colère de ne plus être embauché sur les chantiers de l’agglomération rouennaise, malgré les “30 milliards” promis par l’Etat. Comme lui, je me suis demandée comment le plan du gouvernement - qui est en réalité de 26 milliards, dont “1 000 projets”  - se traduit sur le terrain haut-normand. Voici les réponses que j’ai trouvées.


Affiche du plan de relance, fournie par la préfecture de Haute-Normandie.



J’ai d’abord consulté le site du ministère de la relance de Patrick Devedjian, qui permet de localiser les projets d’investissements dans les environs. Mourad verra qu’à Saint-Etienne du Rouvray, où Aline l’avait rencontré, l’Etat participe au regroupement de l’INSA sur le technopôle du Madrillet et à des travaux de sécurité. Selon la notule du ministère, “l’apport du plan de relance correspond à l’équivalent de 3 personnes supplémentaires pendant 3 mois”, ce qui me paraît bien peu au regard des 5,5 millions investis par l’Etat. Mais il y a bien d’autres chantiers : fin de la restauration de la cathédrale immortalisée par Claude Monet, rénovation du boulevard Maritime (4,5 millions), sans oublier ceux financés par les entreprises publiques, telles La Poste, supposée avoir changé ses chaudières…


Affiche du plan de relance, fournie par la préfecture de Haute-Normandie.Au total, ai-je appris sur le site de la préfecture, l’Etat a débloqué 53 millions d’euros pour des “investissements exceptionnels” dans la région Haute-Normandie, qui consistent souvent à accélérer les projets inscrits au contrat de plan Etat-région 2007-2013. Le montant peut sembler décevant au regard des 26 milliards promis à l’échelle nationale, ou des 11 milliards du plan de sauvetage des banques. Mais si je comprends bien les propos du préfet et le chiffrage général du plan, c’est en fait quelque 4 milliards qui sont consacrés aux “1 000 projets de la relance”, le reste allant à d’autres mesures. Qu’à cela ne tienne, le préfet a fait valoir qu’il s’agit dans la région “de quasiment doubler, en 2009, l’équivalent d’une annuité Etat du contrat de plan”.

Les présidents (socialistes) de la région et du département ont tempéré cet enthousiasme. Didier Marie, à la tête de la Seine-Maritime,  a reproché au gouvernement de “faire du neuf avec du vieux”, en finançant des projets prévus… sur la période 2000-2006. Et selon le président de la Haute-Normandie Alain Le Vern, ce plan “ne constitue même pas un rattrapage des crédits que l’Etat aurait dû engager les deux premières années du contrat de plan !”. C’est pourquoi, quand des ministres se sont annoncés dans le département pour vanter la relance, MM. Le Vern et Marie ont jugé utile de rappeler que département et région investissent pour leur part 800 millions en 2009, notamment en accélérant leurs dépenses.



60,8 % DU BUDGET DÉPENSÉ



Sollicité sur ces différents aspects, un responsable de la communication à la préfecture reconnaît “l’effort énorme” des collectivités de Haute-Normandie : des communes aux régions, elles investiront 1,3 milliards d’euros cette année. Tout en rappelant que l’Etat a soutenu celles qui s’engageaient à maintenir leur niveau d’investissement, par un remboursement anticipé de la TVA qu’il leur doit pour 2008 (104 millions). Le manque de nouveauté des projets retenus ? “Parce que l’objectif était de lancer l’essentiel des travaux dés cette année, donc de sélectionner les projets aboutis”… L’objectif sera largement atteint, puisque dans la région, 60,8 % des sommes promises pour les projets ont été dépensées, “ce qui est légèrement au-dessus de la moyenne nationale”, m’explique-t-il.

Voilà pour répondre aux interrogations de Mourad sur les chantiers. S’il veut tout savoir du plan de relance dans la région, il peut consulter le bilan chiffré établi par la préfecture en mai. Quant à son impact, il paraît difficile à mesurer. Mais le responsable de la préfecture m’a dit que l’utilisation des capacités de production dans la région, tombée à 60 % entre février et avril, est remontée à 68 %. Ce qui est une bonne nouvelle.

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